The Wool, The Wool, The Wool is on fire!! Girlz in the wool par Essi Licari-SS10

« Alors que Simone veille au grain, alors que la politique Bling Bling essaie de régner en vain. Alors que l’individualisme, l’argent et le machisme,-tant de valeurs empruntées aux MC- illustrent notre société, les femmes portent le String et continuent à prouver sur le Ring. Alors que le « Verlan » devenu langage universel trouve sa place dans le Larousse, les vestons et les jeans des femmes se retroussent.
The Wool, The Wool, The Wool is on fire! »

                                                                                      “Essi Licari”

Parodie de l’univers machiste des clips et des films mettant en scène des “gros durs” du ghetto, cette collection est une réponse à ce monde parfumé de testostérone.

Ne se caractérisant pas comme une activiste anti-machisme à la manière de Simone de Beauvoir, Essi Licari traite ici avec humour, la discrimination connue des femmes dans les domaines de l’art et de la musique hip hop.

Le XXe siècle est le temps où les femmes prennent leur place dans l’histoire de l’art. Pour un grand nombre d’entre elles, nées en France ou arrivant depuis le nord de l’Europe, la Russie ou l’Amérique, cette histoire collective commence à Paris. Ce n’est qu’à la toute fin du XIXe siècle que l’École des beaux-arts, les académies, les ateliers leur sont ouverts.

La ville, avec ses cafés, ses théâtres et ses cabarets, va longtemps rester un territoire masculin, qu’il leur faudra conquérir pour y « flâner » en toute liberté et sortir du cadre confiné de l’univers domestique. Siècle de lutte, d’émancipation, d’indépendance, de création, de revendication, le XXe siècle est aussi pour les femmes un siècle d’art.

S’il existe des ouvrages sur l’histoire des luttes politiques et sociales des femmes, les histoires générales de l’art du XXe siècle ne les intègrent que timidement, fréquemment dans un chapitre séparé. Quant aux ouvrages qui traitent de l’art au féminin souvent militant, ils se limitent à évoquer quelques personnalités remarquables ou prennent la forme d’un dictionnaire-de Sonia Delaunay à Sophie Taeuber, de Meret Oppenheim à Germaine Richier, d’Aurélie Nemours à Vieira da Silva, d’Annette Messager à Valerie Mréjen et les oubliées-

Certaines questions relèvent de l’histoire de l’art, mais beaucoup sont inséparables des luttes des femmes pour leur émancipation. Jusqu’aux premières années du XXIe siècle, le chemin parcouru par ces femmes n’est pas seulement balisé de révolutions esthétiques, mais aussi de leur volonté d’être des mères et des femmes libérées.

Le combat continu également dans l’univers musical, qui est de loin le plus engagé de cette dernière décennie : alors que les hommes cherchent à régner, les femmes mènent une lutte pour se faire respecter.

Pendant que les hommes s’exhibent au pouvoir de la rue les femmes se cantonnent aux rôles primaires, les mettant en position de femme-objets et icônes du désir et sexualité.

Cependant encore aujourd’hui, ces rôles des genres nous sont servis quotidiennement par les médias, jusqu’à en devenir routine et outil marketing.

Mettant les femmes et leurs courbes aux services de la consommation, le combat de ces dernières est visible aux yeux du monde. Femmes-pouvoir, luttes associatives, filmographie, musicologie, sport de haut niveau, et autres disciplines et domaines réservés auparavant aux hommes, deviennent désormais terrain de toutes revendications.

Bien plus qu’un discours féministe Mi pute, Mi soumise (oups !!), Essi Licari se réapproprie les expressions de la rue comme le Verlan et autres paroles issues du hip hop des années 70, langages appartenant jusqu’ ici à la gente masculine et à la rue; dans le but de créer un univers de femmes charismatiques.